« Ton bras qui montre quoi ? » Rébecca Blackfoot

CONSIGNE 1

Sec, complètement sec, suis à sec
Soif, soif, soif
Claque, claque, claque
Ce vent, ça défroisse nom de nom
Je me sens / comment dire ? / Une, deux, une deux – étiré, détendu, en pleine forme quoi
Je respire enfin
Claque, claque, claque
C’est bon
Profite, profite, profite
Bientôt plié en 8 dans mon armoire Ikea, bientôt juste des bruits. Les rires et les cris des enfants qui rentrent excités de l’école. Et les autres. Les autres cris parfois. Et les mots hauts, les chants souvent, la radio. Et le noir surtout. Le noir grisâtre de l’intérieur de mon armoire. Le noir d’avant la tempête. Quand écartelé sur ce matelas trop grand pour moi, leurs corps fatigués m’imprègnent des odeurs sauvages du dehors et du dedans. Un éternel recommencement.
Alors, maintenant, suspendu et léger, oui, je carpe diem.
Je claque, claque, claque dans le vent doux et le soleil clinquant.

CONSIGNE 3

Sortie de camion / moto à contre-jour / vite / des boucles argentées flottent / interdit / sens interdit / tes cheveux / citerne bleue / grillage / arbre seul / tournez ici / grillage / grue haute et drapeaux, 2 / docks et grillage toujours / Marseille, l’art de vivre capitale / en chantier / drapeaux encore / Volkswagen noire et neuve brillante / une banque, le logo CA / ton bras qui montre quoi ? / palissade / immeuble en construction / « qu’est-ce qu’il a dit ? » elle a dit / feux rouge rouge / au-dessus : bretelle, passerelle, route sur piliers bétons / tu traverses la voie et reviens dans mon champ / pelouse / asphalte / odeur de goudron trop chaud / feuilles et Vespa / qu’est-ce que tu tiens à la main ? un cahier.

Rébecca Blackfoot

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