« Imbibé de sel et de silence » Guillaume Laplane

SUSPENDU à une corde à linge, un tee-shirt marin s’adresse au vent

Ho vent emporte-moi !
Déchire mes amarres, gonfle mes mailles de ton souffle et pulvérise ce temps trop long de ma vie à terre.
Je me languis des embruns, je suis las des coups de fer et de la sueur acide de l’homme à l’âme errante derrière son écran d’illusions.
Je suis au-delà des mers, je suis imbibé de sel et de silence.
Mes lignes tangueront de nouveau à l’horizon si tu reconnais mon amour pour ta puissance !
Oh mon vent emporte moi !

CE QUE JE VOIS au pied de la tour CMA

Un nuage émerge à l’est derrière les immeubles des 60’s
En face, à l’ouest, les feuilles fines et vertes des arbres frêles plantés sous l’autoroute battent au vent.
Même élan pour le pavillon du Girolata ou autre paquebot. Les voitures sont emmenées dans la même direction, vers le sud, vers d’autres rencontres. Maintenant et un passage suspendu.
Lui Abdilud Farid dit son nom, sa camionnette est un diesel blanc comme la plupart des camionnettes.
La rampe courbe de l’autoroute, la deuxième rampe cache les gens qui vont contre le vent, qui passent aussi.
Le mat du lampadaire qui est au sud est la version économique de ce que l’on voit au centre-ville, il n’a pas de casquettes.
Les archives qui ont oublié qu’elles étaient contemporaines affichent une façade pâle et sans vie. Le reflet pétrole des lunettes du motard.
Samia appuyée à l’épaule d’une lumière attends et observe ici.
Ce qui est entre vingt centimètres et trois mètres du sol est soit une limite construite filtre abject à l’espace, soit un arbre planté avec beaucoup de réflexion mais on ne le voit pas.
La toiture suspendue de l’autoroute sans suite inspire à la suspension à la voltige.

Guillaume Laplane

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