Ici Constantine

D’un saut de bus à la gare du Caroubier d’Alger
par les montagnes des Aurès coupées au rasoir
dans la lumière du soir à l’horizon des villes
défilent par la fenêtre embuée
Rouiba Bouira Bordj-Bou-Arreridj
et Sétif Tadjanet Aïn-Smara

je lis « Monsieur le Président » d’Hamid Skif
un avant-goût d’harissa dans mon sandwich
et tout pique un fou rire sur mon siège démonté

puis Constantine pointe un pont
deux ponts trois ponts dans le vertige d’un oued
ville suspendue au-dessus des gouffres
et j’arrive juste à l’heure de la nuit gare Bossof

le temps d’un taxi pulsé par la musique d’Harachi à fond
me voilà projeté dans le Grand Hôtel
gardé intact du temps des Français
et même le matelas est d’origine

je descends au petit salon
à la rencontre des jeunes d’ici
qui me racontent jusqu’à pas d’heure
l’amour et le mariage à la Constantinoise
combien les bisous valent une fortune de patience

et puis et puis et puis
de jour en jour plus plongé
dans cette ville qui s’offre petit à petit
je fais la connaissance
du Boulevard des Abîmes où les amoureux se tiennent la main
de la vieille ville en ruelles penchées sur un souk enfumé
du Palais du Bey rempli de merveilles de marbres et de fresques

guidé tantôt par une femme ou par un homme tout sourire
aux petits soins de l’autochtone qui veille à la porte de son magasin
mes chemins mènent toujours à un pont.

Sébastien Joanniez – 27 novembre 2013

Photo : Aurélie Bianchin

2 réponses

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *