Dérive #6

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Avec eux on se mélange pas. Ils vivent sur la colline et nous en bas. Dans l’ombre de la colline. On va jamais chez eux, ils viennent jamais chez nous. L’autoroute nous sépare. Pour les voir, on allume la télé : eux la rubrique people, nous les « faits divers ». Chacun chez soi. Je suis sûr qu’ils ne se déplacent pas plus que nous. Leur périmètre doit être le même que le nôtre. À part la surface de l’appartement bien sûr. Eux sur la colline. Nous au pied de la colline. Chacun ses habitudes. Les habitudes c’est comme des frontières. Au delà des habitudes, on a peur. C’est comme ça. L’habitude est une frontière infranchissable. Comme l’autoroute à pied. Un jour j’irai voir sur la colline. J’irai à pied. J’irai voir si d’en haut ils nous voient. Mais peut-être qu’une fois en haut, comme eux, je ne penserai plus qu’à regarder la mer.

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