Dérive #10

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Dans les « Leçons Américaines », Italo Calvino prend pour exemple l’histoire de Persée et Gorgone pour illustrer selon lui le rôle de la fiction. « Un seul héros est capable de trancher la tête de Méduse… Persée, qui ne tourne jamais les yeux vers le visage de la Gorgone, mais seulement vers son image reflétée dans le bouclier de bronze. » Et ce regard, ajoute-t-il, « se pose sur ce qu’une vision indirecte est seule en mesure de lui révéler, c’est à dire une image capturée dans un miroir. » Les autres, les soldats l’accompagnant, se retrouvent transformés en statue « d’eux-mêmes » après avoir regardé Méduse, directement.

Statues d’eux-mêmes.

La pétrification : celle ressentie à l’annonce d’évènements, celle qui saisit en regardant le monde, dont les images en temps réel nous figent en elles à l’intérieur de l’instant. Pétrification du témoin changé en sa propre statue. Absorbé par le réel lui même.

Une seule issue : l’épaisseur du reflet.

Notre fiction.

Une réponse

  1. Une seule issue, dites vous : l’épaisseur du reflet ? Je ne comprends pas l’image. Sans doute que le reflet dont j’use pour ne pas me faire pétrifier par l’actualité s’est-il déjà transformé en carapace ? Trop de lumière aveugle. Si vous pouviez m’éclairez en indirect sur la façon de régler cette épaisseur, ou tout du moins m’affranchir sur la nature même du reflet dont vous parlez, je pourrais peut-être me risquer à baisser un peu mon bouclier d’orichalque et retrouver un peu de sensibilité. au combat. Merci d’avance.

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